L'année 1976 fut désastreuse pour Xian. La guerre défigura ses nombreuses bâtisses, la transformant en de vulgaires ruines. Fort heureusement, on entreprit de la reconstruire tout en conservant cet aspect traditionnel. Ainsi, s'apparente-t-elle au jardin Yuyuan, à Shanghai : de belles plantes odorantes s'épanouissent en fabuleux bouquets et ses illuminations soulignent une architecture grandiose. Mais il est une merveilleuse fleur se déployant en son sein. D'un rouge insolent, ses luminescences chatoyantes caressent une étendue d'eau. Le son des tambours et l'odeur du bois confèrent une aura à la fois chaleureuse et fastueuse... on l'appelle le "Lotus rouge". Ce somptueux édifice appartenait autrefois à la royauté en tant que palais. Néanmoins, il fut reconverti en hôtel il y a de cela dix ans par le nouveau président Yao Ping. En effet, ce dernier était désireux d'attirer une clientèle de tout horizon. Depuis lors, le Lotus rouge concentre diverses activités commerciales et politiques, favorisant par là même le tourisme. (poursuivre la lecture)

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Ce matin, Li Ling avait rejoint sa petite échoppe sur le marché Shìchǎng aux alentours de neuf heures, comme à son habitude. Cela ne faisait que deux heures qu’elle était installée sur son tabouret, dissimulée derrière des piles de feuilles, toiles dressées et pots d’encre, et elle avait déjà l’impression d’avoir plus travaillé que tout le mois dernier. Les clients allaient bon train dans les allées, zieutant chaque stand, chaque vitrine et chaque devanture. Le brouhaha se faisait bourdonnement, donnant à la dessinatrice la désagréable impression d’être au plein cœur d’une ruche, où chaque abeille s’affairait à faire ses emplettes pour les festivités du nouvel an. Si les stands revendant épices et autres denrées alimentaires étaient les plus bondées, celui de Li Ling n’était pas en reste. Elle s’était trouvée bien avisée d’avoir préparée une vingtaine d’illustrations de coq ornées d’une calligraphie simple ; en à peine une heure et demie, son stock s’était écoulée, forçant la jeune femme à remettre la main à la pâte. Papiers et pots d’encre alignés devant elle, elle s’efforçait de jongler entre conseil, encaissement et peinture, lui donnant la mauvaise impression de faire un travail bâclé et à la chaîne. Et ce n’était pas faute d’essayer de tourner ses clients vers d’autres de ses articles. Mais rien à faire, tous étaient définitivement bien trop tête de pioche pour s’intéresser aux autres œuvres qu’elle s’était échinée à peindre. Bande d’ingrats.

Ce ne fut qu’aux alentours de treize heures que la dessinatrice eut un peu la paix – le temps que tout ce beau monde aille se rassasier, vraisemblablement. Bien décidée à prendre de l’avance, Li Ling continua ses peintures de coq, concentrée – et agacée. Pourtant, une ombre eut bien vite fait de se profiler sur son stand. Un soupir discret plus tard, les lèvres s’étirent en un sourire qui se veut commercial, avant que ses zygomatiques ne se relâchent totalement quand Li Ling constata que la personne de l’autre côté du stand n’était autre que Li Wei. Amen. « Si tu viens pour passer une commande pour une satanée illustration de coq, je t’en fais manger un. Vivant. » souffle-t-elle en retournant sur son travail. C’était ça l’avantage avec Li Wei : Li Ling n’avait pas besoin de feindre et pouvait sortir exactement ce qu’elle rêvait de sortir à chaque plouc s’arrêtant à son échoppe aujourd’hui. Un dernier trait tracé, Li Ling lâcha son œuvre, le temps que celle-ci ne sèche. Toute son attention en revint à sa vieille amie : « Plus sérieusement, qu’est ce qui me vaut ta visite ? » Et terrible, mais vrai : c’est dit sur un ton détendu. Parce qu’elle était contente de la voir, quand même.
Yuan Li Wei
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Il fallait qu’elle décompresse, qu’elle oublie tout ce rouge traumatisant. Il fallait qu’elle voie un sourire, qu’elle entende une voix, qu’elle sente une odeur : il lui fallait Liling. Mais avant ça, il fallait se laver, désincruster toute cette cruauté. Liwei ne prit même pas la peine de retourner à l’hôtel, elle était déjà au QG, ses subalternes cachaient présentement le corps quelque part et elle, elle se rendait dans les douches privées. L’eau fumait, sa peau rougissait au point que cela faisait mal mais elle le méritait. Si Liwei montrait toujours un air froid et cruel à autrui, ça n’était qu’une façade qu’elle s’était créée pour survivre et protéger les siens. Si elle osait regarder ses victimes dans les yeux, c’était pour éviter l’hypocrisie, c’était pour se souvenir d’elle et pour se punir elle-même. Fort heureusement pour elle, elle avait apporté des vêtements de rechange, à force, elle savait ses réactions et ce qu’il fallait pour se calmer.

Ce n’est que deux heures plus tard qu’elle se rendit au marché. Elle comprit bien vite que sa meilleure amie n’avait pas de suite vu que c’était elle qui lui rendait visite. « Quel beau sourire commercial, je suis émue par l’émotion qu’il me transmet dis donc ! Et mets le où j’pense ton coq. » Liling lui demanda ensuite ce pourquoi elle était venue. Bien évidemment, Liwei ne lui révèlerait pas les événements de la matinée. « J’avais besoin de voir ta tête blasée et j’ai faim alors j’me suis dit que bouffer du poulet frit c’était sympa… Mais il semblerait que tu ne peux plus voir en peinture cette espèce animale. » Plaisanta-t-elle, plutôt faire d’elle. Elle tendit un sachet d’où émanait une odeur de bonne cuisine traditionnelle. « Allez fais moi de la place. » Elle s’assit à ses côtés et sortit le paquet du sachet. Elle lui donna des baguettes et une canette de jus. « Ton travail te prend beaucoup de temps j’ai l’impression, c’est dur te voir en ce moment. » Oui, ça sonnait comme un reproche, mais de toutes manières, c’était comme ça que cela fonctionnait entre ces deux femmes.



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« Faut dire que ta tête donne pas vraiment envie d’être accueillante. » répond Li Ling à la petite pique que sa meilleure amie lui adresse. Les vacheries entre elles, c’était un peu comme les formules de politesse ou les salutations pour les autres ; une manière de commencer une conversation. Ces banalités échangées, la brune tendit un sachet dont émanait une bonne odeur. Le fumet rappela à Li Ling qu’elle n’avait pas mangé depuis ce matin, et que la faim commençait doucement à se faire sentir. « Pff… » soupira-t-elle à la raillerie de Li Wei. « J’veux bien me forcer, va. » ajouta-t-elle avant de dégager une place pour que son amie puisse la rejoindre derrière le stand.

Une paire de baguette et une canette furent tendues. L’opercule retirée, Li Ling avala quelques longues gorgées du breuvage, avant de jeter un coup d’œil à sa voisine, qui lui adressait quelques reproches. « C’est toi qui dit ça… » dit Li Ling dans une voie un peu étouffée. Ce n’était pas vraiment un reproche non plus. Mais dans sa tête, ça paraissait plus logique que Li Wei soit davantage occupée avec ses magouilles, qu’elle avec ses petites peintures. Et autrement plus stressée, aussi. « Donne-moi un coup de main, au lieu de chouiner. » ajouta la dessinatrice en déposant devant son amie des bâtonnets d’encre à broyer, ainsi qu’une pierre et un petit récipient d’eau. « Je te jure, j’en peux plus de ces poulets. Deux semaines qu’on m’en demande pour les festivités, vivement que ça soit terminé et que je passe à autre chose. » dit-elle tout en reprenant la parole. « D’ailleurs, tu fais quoi pour le nouvel an ? On pourra se voir, ou tu vas me laisser me farcir ma famille ? » demanda-t-elle pour changer de conversation, tentant de changer un peu les idées de son amie.
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« Je t’emmerde cordialement. » Déclara Liwei tout sourire à sa meilleure amie. L’amour vache, c’est comme cela que ça fonctionnait entre elles. Elles n’étaient pas très habituées à converser autrement. Un rire léger mais franc perça la barrière des lèvres de la Chinoise. Li Ling était une privilégiée qui avait l’honneur d’entendre ce son si peu commun à la mafieuse. « Force-toi oui, ça te redonnera bonne mine. » La Chinoise s’assit à côté de son amie et commença à manger à son tour, l’estomac bien heureux de recevoir de la nourriture. A force d’exécuter des gens, son ventre s’était habitué et Liwei éprouvait parfois du dégoût envers elle-même, d’éprouver encore de l’appétit après ce genre d’acte inhumain.

Liwei fit le reproche à son amie d’être trop occupée, reproche que cette dernière lui retourna sans honte. La brune haussa des épaules et soupira. Son regard se perdit sur la cuisse de poulet à moitié rongée, soudain le regard réfractaire de la victime lui revint en tête. Elle déposa sa nourriture dans sa petite boîte et s’essuya les mains dans un chiffon propre. Ne sachant pas quoi lui répondre, elle prit ce que la blonde lui tendit pour commencer à effectuer sa tâche. Liwei n’avait plus besoin qu’on lui explique comment faire, elle avait servit tellement de fois d’assistante à sa meilleure amie que la préparation d’un dessin n’avait plus de secret pour elle – le dessin en lui-même, c’était tout autre chose. « Je suis prise pour une esclave par ma meilleure amie, quelle misère ! » s’esclaffe-t-elle pour la plaisanterie. Elle rit par la suite, continuant son petit boulot. « Je compatis très chère, déjà qu’à l’hôtel on en voit partout, toi tu dois les créer… Pauvrette ! » Ensuite, elle tourna son visage vers la jolie blonde, un regard tendre à son égard. « On est en famille, t’es ma sœur donc t’es automatiquement conviée. » En famille signifiait simplement son frère et son père, qui les deux, adoraient Li Ling. « Je sais pas pourquoi, mais je me souviens soudainement de Lei, qui quand il était petit, arrêtait pas de me dire qu’il voulait t’épouser. » Elle rit légèrement. Heureusement, du moins croyait-elle, ce n’était qu’un fantasme d’enfant. Maintenant, il n’y avait plus rien.




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Une petite moue réprobatrice tordit le visage de Li Ling en seule réponse à l’insulte que sa meilleure amie venait de lui adresser. En revanche, elle ne manqua pas d’offrir une réponse à son interlocutrice quand celle-ci la somma de manger un bout ; « T’es gentille, mais c’est pas moi qui suis blanche comme un cul. » C’était facile comme attaque, vu que Li Wei avait un teint naturellement clair – que la Cai lui avait toujours un peu envié, d’ailleurs. Mais il lui semblait que son amie avait un teint plus blafard qu’à l’ordinaire. Pourtant, elle se passerait bien de poser des questions ; elle se doutait que quelque chose la perturbait, sûrement en rapport avec son travail. Et souvent, Li Ling évitait de l’interroger, souvent pas désireuse de connaître les côtés obscurs de sa profession. Surtout en de tels lieux où les oreilles traînaient de trop.

Li Wei arrêta de manger pour se consacrer à la tâche confiée par la dessinatrice, non sans pester – uniquement pour la forme, Li Ling le savait. « Moh, pauvre petite chose. » taquina la blonde, tout en venant pincer la joue claire de son amie. En revanche, l’aînée Yuan semblait sincèrement navrée pour son amie qui était forcée de dessiner des coqs à longueur de journée. Petit soupir las de la part de Li Ling et la conversation vogua aux projets du nouvel an. La réponse offerte par Li Wei fit sincèrement chaud au cœur de la Cai ; c’était navrant à dire, mais elle savait d’avance qu’elle se sentirait mieux entourée par la famille Yuan que par ses propres parents. Et ce, même si elle se donnait le bénéfice du doute à chaque fois qu’elle recevait une de leur invitation… « C’est gentil. » répondit-elle avec un sourire tout aussi tendre que celui de sa voisine. « Je ne manquerai pas ça ! »

Toujours avec autant de tendresse, Li Wei ajouta une anecdote concernant son petit frère… Mauvaise idée, Li Ling étant alors en train d’avaler une gorgée de sa boisson. La jeune femme s’étouffa, tentant aussitôt de faire passer sa réaction pour de l’amusement. « Vraiment ? » dit-elle d’une voix étouffée. Elle eut un rire un peu forcé, qu’elle tenta néanmoins de faire aussi naturel que possible. « Et ça t’étonne ? » demanda-t-elle en ayant un petit mouvement de tête pour faire basculer sa longue chevelure, petit sourire amusé aux lèvres. Autant prendre ça à la rigolade, non… ? « Ca a du bien changé, depuis. Il a une copine ou une fiancée, d’ailleurs ? » Question innocente hein, évidemment. « Et toi d’ailleurs, comment ça se passe de ce côté ? » ajouta-t-elle en adressant un petit clin d’œil complice à l’adresse de Li Wei.
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« C’est naturel. Et au moins j’ai pas l’air d’une nana qui passe son temps sous des UVs. » En réalité, c’était naturel aussi chez Li Ling et Liwei trouvait extrêmement joli, elle ne pouvait s’empêcher de lui envier son teint, ainsi que ses courbes. Elle trouvait aussi qu’elle avait des joues féminines et attractives. Oui, la Chinoise était du genre à faire des fixettes un peu étranges. La brune grogna presque lorsque sa meilleure amie vint lui pincer la joue, mais quelle idée aussi, dis donc ! Elles n’avaient plus cinq ans ! Ce n’était qu’un prétexte pour râler, parce que c’était l’un des modes de conversations favoris de notre chère mafieuse. La discussion dériva sur le sujet du nouvel an où Li Ling était conviée par la famille Yuan à le passer avec eux. Pour la Chinoise, c’était une évidence qu’elle vienne : après tout, elles avaient passé leur enfance ensemble, grandit ensemble et elle connaissait la situation familiale de Liling ; c’était l’une des rares choses qu’elle ne lui jalousait pas, d’ailleurs. « Mon père sera ravi de te revoir. »

Finalement, un souvenir revint à la mafieuse et elle ne put s’empêcher de le partager sa meilleure amie : cela concernait Lei. Et soudainement, la blonde avala de travers et se mis à s’étouffer. Li Wei sursauta et lui tapota le dos, soucieuse, pour lui donner un soutien moral – parce qu’autant dire que cela ne servait à rien autrement. « ça va ? » sa réaction était étrange, mais Liwei prit cela pour de la honte vis-à-vis de cette maladresse soudaine. Ensuite, la brune pouffa de rire face au geste mimé par son amie. « Ben oui, tss, qu’est-ce que tu as de mieux qu’une autre hein ? » lui dit-il elle sur le ton de la plaisanterie, un ton condescendant et une posture guindée, le petit doigt relevé. « Pourquoi ça t’intéresse ? C’est toi qui veut l’épouser maintenant ? » demanda-t-elle toujours sur le ton de la rigolade, se doutant peu que cela pouvait déstabiliser. Ensuite, elle haussa les épaules. « Oh moi… Je me tape un p’tit (grand) jeune aux yeux clairs et à l’accent exotique, c’est plutôt plaisant. » Elle glousse légèrement, un petit rose timide s’installant sur les joues. « Et toi ma belle ? »




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