L'année 1976 fut désastreuse pour Xian. La guerre défigura ses nombreuses bâtisses, la transformant en de vulgaires ruines. Fort heureusement, on entreprit de la reconstruire tout en conservant cet aspect traditionnel. Ainsi, s'apparente-t-elle au jardin Yuyuan, à Shanghai : de belles plantes odorantes s'épanouissent en fabuleux bouquets et ses illuminations soulignent une architecture grandiose. Mais il est une merveilleuse fleur se déployant en son sein. D'un rouge insolent, ses luminescences chatoyantes caressent une étendue d'eau. Le son des tambours et l'odeur du bois confèrent une aura à la fois chaleureuse et fastueuse... on l'appelle le "Lotus rouge". Ce somptueux édifice appartenait autrefois à la royauté en tant que palais. Néanmoins, il fut reconverti en hôtel il y a de cela dix ans par le nouveau président Yao Ping. En effet, ce dernier était désireux d'attirer une clientèle de tout horizon. Depuis lors, le Lotus rouge concentre diverses activités commerciales et politiques, favorisant par là même le tourisme. (poursuivre la lecture)

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Arrête-toi, cesse de fuir, il n'y a pas que le passé et ses fantômes
Xiao Mei & Kei
Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer.
Révoltée. Furieuse. Folle de rage. C’est principalement ce qu’éprouve Xiao Mei actuellement tandis qu’elle fait les cents pas dans son salon privé de la Maison Verte. Une de ses filles a disparu depuis plusieurs jours et elle reste injoignable sur tous les plans. La Mère a eu beau aller frapper à sa porte, laisser des dizaines de messages sur son répondeur, rien n’y a fait. Elle est même allée jusqu’à glisser un petit mot par écrit sous l’interstice entre la porte de la jeune femme et le sol. Mais rien, pas de nouvelles. Depuis presque une semaine, Xiao Mei se ronge les ongles jusqu’au sang. Impossible de prévenir la police, évidemment. Comment leur dire ? Bonjour, j’ai perdu une de mes prostituées. Puis-je faire une déclaration ? Non, la prison n’est pas vraiment en option. Elle lâche un profond soupire et se laisse tomber sur le coussin posé devant la table en bois d’ébène lustré, croisant les jambes de manière très peu féminine. Elle ne l’a jamais vraiment été, de toute façon. Elle prétend simplement l’être face à ceux qui ont besoin de la croire féminine. Ah, je sais plus quoi faire… marmonne-t-elle d’un ton totalement désespéré alors qu’elle se laisse tomber en arrière pour finir allongée à côté de la table. Sa robe noire est assez ample pour tomber de ses cuisses sur son ventre. Elle soupire et observe le plafond.

C’est la première fois en treize ans qu’une situation comme ça lui arrive et elle est incapable de savoir comment gérer la situation. Alors, en désespoir de cause, elle a fait appel à Kei, le Renard à Neuf Queues. Son renard, en fait. Un ami tellement précieux qu’elle ne se voit plus sans lui. La Mère et le Renard à Neuf Queues, c’est comme les deux côtés d’une même pièce. De manière générale, les gens savent que s’ils ont le malheur d’énerver la jeune femme auront des comptes à rendre au Renard. Téléphone en main, elle l’observe toutes les deux minutes en se demandant quand son chevalier en armure viendra enfin la secourir. Kei a toujours été comme un sauveur pour elle, depuis le jour où ils se sont rencontrés, neuf ans plus tôt. Depuis ce jour, où elle l’a supplié de lui affecter un garde du corps, ils ne se sont plus quittés. Alors que la jeune femme est perdue dans ses pensées, on frappe à la porte. Elle se redresse alors, sortant de force de ses rêveries, et ajuste la robe pour couvrir ses cuisses. Entrez.


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Arrête-toi, cesse de fuir, il n’y a pas que le passé et ses fantômes.
Kitsune et Xiao Mei

Enfin, me voilà devant la maison verte. J’avais patiemment attendu ce moment toute la journée, depuis que j’avais reçu l’appel de Xiao Mei. Quand j’ai vu son nom s’affiché sur mon téléphone, je savais de quoi il en retournait, mon assistante m’avait mis au courant de la disparition d’une des filles juste avant, en même temps que la demande d’un des gardiens pour m’interroger sur le sujet. L’idée de voir Xiao Mei le soir-même m’a sans nul doute aidé à tenir toute la journée.

Elle avait été éprouvante. La livraison de drogue était arrivée en retard, et on avait failli tomber en pénurie d’héroïne et d’opium à cause de ça. Sans parler de la cargaison plein d’armes, qui avait failli être bloqué par un gardien un peu trop méticuleux. Il faudrait que je pense à lui donner une leçon. L’apothéose de cette journée a été l’entretien avec ce dragon rouge, une vraie plaie.
Je comptais les minutes me séparant de Xiao Mei, elle était une des rares personnes à qui je faisais confiance. A vrai dire, il y en avait que trois. Mon frère, Li Wei et bien évidement, Xiao Mei. D’ailleurs, c’est à cette dernière que je me suis le plus confié. Elle doit tout savoir de moi. Mon frère connaît parfaitement mon passé, mais il n’a aucune idée de ce que j'ai pu ressentir. Quant à Li Wei, elle ne connaît que les grandes lignes de mon passé et en ce qui concerne les sentiments, à ses yeux, je dois sans doute en être dépourvu.

J’ai rencontré Xiao Mei il y a de ça neuf ans. Peu après mon arrivé à Xian. Mon trafic de drogue marchait très bien et je commençais à vouloir me lancer dans le racket et le proxénétisme. J’envoyai donc Li Wei pour passer un marché avec la Mère. Cette dernière fut ravie de ma proposition et accepta. Je rencontrai Xiao Mei quelques semaines plus tard, quand elle me demanda un garde du corps personnel. Je fus réticent au début, je ne voulais pas qu’un de mes hommes soit constamment auprès d’elle, cela aurait été du gâchis.
Mais, elle réussit à me convaincre. Elle commença à m’expliquer la raison de sa demande, une sordide agression. Ce qui la fit pleurer. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle craque devant moi. En plus, je ne suis pas très à l’aise avec les gens, et encore moins quand il s’agit de les réconforter. Mais, je ne pouvais pas laisser cette jeune femme comme ça. J’ai donc essayé de la rassurer. Au fur et à mesure de notre conversation, nous constatâmes que notre passé était assez similaire. Ce qui créa entre nous des liens très fort.

Si jamais, il arrivait quelque chose à Xiao Mei, je deviendrai fou, comme jamais je ne l’ai été. Je serais capable de retourner la ville toute entière, au point de ne laisser derrière moi qu’un tas de ruines jonché de cadavres ensanglanté pour lui rendre justice.

Tout ce que je veux, c’est qu’elle soit heureuse, car cela me rend heureux Et en plus, elle le mérite C’est pourquoi, juste avant d’arriver à la maison verte, j’ai demandé à mon chauffeur de s’arrêter devant une pâtisserie, pour acheter un fondant au chocolat Elle adore ça

Mon chauffeur ouvrit ma porte, ce qui me tira de mes pensées. Je sortis de la voiture et le remercia, ce qui sembla un peu le surprendre.
Quoi qu’il en soit, j’avançai vers la porte de la maison verte. Je frappa et une intendante m’ouvrit puis m’amena devant la porte de Xiao Mei. Merci, vous pouvez me laisser, je vais réussir à me débrouiller. L’intendante s’inclina et partir immédiatement.
Je frappai alors délicatement sur la porte et j’entendis la voix de Xiao Mei qui m’invitait à entrer. Sans hésitation j’ouvris la porte, franchis le seuil, et je la pris dans mes bras.

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Arrête-toi, cesse de fuir, il n'y a pas que le passé et ses fantômes
Xiao Mei & Kei
Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer.
A l’instant même où elle voit l’homme qui pour elle compte le plus au monde franchir le pas de la porte, Mei est debout sur ses jambes, tel un ressort et se jette à son cou. Dans le mouvement, sa robe a complètement recouvert ses cuisses, dissimulant ainsi les tatouages qu’elle porte depuis près de dix ans. La jeune femme a fait tatouer l’ensemble de ses cuisses, ses fesses, et tout son dos. C’est pourquoi il est rare de la voir porter une robe dos nu comme aujourd’hui, qu’elle a mis sous couvert d’un manteau hivernal qui cache aisément les divers dessins dont son corps est recouvert. Un phénix, une vipère, diverses fleurs dont une rose et une pivoine, un cerisier en fleur qui perd ses pétales dans son dos, un bouc à queue de poisson représentant son signe du zodiaque, et enfin, sur l’extérieur de sa cuisse droite le palais du Potala de sa ville natale, Lhassa. Cependant, toutes ces marques de son passé sont à présent voilées par sa robe noire. La jeune femme est nichée dans les bras protecteur de son ami, les bras enroulés autour de sa taille, le visage dans son cou, et prend un instant pour respirer.

Les autres filles n’ont jamais vu leur Mère dans les bras d’un homme de la sorte et certaines se sont arrêtées devant la porte ouverte pour les observer curieusement. Alors la dirigeante, qui les a vues du coin de l’œil, s’écarte des bras pourtant si réconfortants de Kei et ferme la porte afin de les isoler des regards inquisiteurs.

Tandis qu’elle regagne la table où une théière bouillante de thé vert les attend, elle triture nerveusement ses mains. Kei est probablement déjà au courant de la situation qui la tracasse. Ses filles ne savent pas tenir leur langue et la totalité de la ville est peut-être au courant. Au moins, elles savent se taire sur leur métier. C’est déjà ça. Il leur faudra une petite remise au point, se dit Xiao Mei en s’asseyant en tailleur sur son petit coussin.

La pièce a gardé un style très oriental et traditionnel, aménagée dans l’esprit d’un petit salon de thé aux couleurs vives. Le sol est en bois d’ébène très sombre, presque noir, tandis que les tentures au mur sont d’un rouge vif et sensuel. Il y a toujours quelques branches de cerisier en fleur posées dans un vase sur la table basse noire. De même qu’il n’y a pas de chaises, mais des coussins épais disposés autour de la table. Elle leur sert du thé en silence, laissant le liquide couler dans son service à thé noir et rouge aux bordures en feuille d’or. Même l’armoire dans laquelle elle garde quelques vêtements dans l’éventualité où elle serait amenée à rester à la Maison Verte est accordée au reste de la pièce. Un long soupire lui échappe alors qu’elle repose d’un mouvement doux la théière sur le dessous de plat en natte. Je ne sais pas quoi faire, Kei…

Sa voix n’est qu’un murmure un peu éraillé, comme d’habitude. Elle a disparu sans laisser de trace. Il n’y a pas de mot, pas d’indice. Elle est injoignable… Je ne sais plus quoi dire aux autres filles et elles commencent à se douter de quelque chose. Désespéré, elle enfouit son visage aux traits fatigués dans ses mains. Je ne peux pas continuer à leur mentir comme ça.


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Kitsune et Xiao Mei

Comme à chaque fois que Xiao Mei est dans mes bras, ou que je suis dans ses bras, je sens mon cœur se mettre à battre un peu plus fort, me faisant quelques peu tourner la tête. Sans parler de son délicieux parfum, tellement enivrant. Certaines personnes trouvent les tatouages vulgaires. Mais pour moi, son corps est telle une œuvre d’art, même si je sais que je n’aurai jamais le droit de la contempler. Peut-être j’aurais réussi depuis le temps à tout lui dire, si seulement je ne m’étais senti aussi trahis par Hinata. Enfin bon, de toute manière, je ne la mérite pas.

Je me laissai donc guider par Xiao Mei dans cette pièce de la maison que je connaissais si bien. Depuis le temps que je venais ici. A vrai dire, je préférais retrouver Xiao Mei ici, plutôt qu’à l’hôtel. Là-bas, on devait tout le faire attention à ce qu’on faisait et à ce qu’on disait. Ici, au moins, on pouvait être qui on était vraiment.
Mais, je n’étais pas venu pour faire un point sur mes émotions. J’étais là pour aider la personne qui comptait le plus à mes yeux, et vu sa mine, en elle avait besoin. Elle ne devait pas avoir dormi beaucoup. Elle avait des cernes, qui bizarrement la rendaient encore plus jolies. Elle ouvrit la bouche pour me raconter l’histoire dans les grandes lignes. Quand je le vis craquer et enfouir son visage dans ses mains, mon cœur se serra.
Écoute, je ne sais pas grand-chose sur cette histoire. On ne m’a mis au courant que ce matin. Mais une chose est sûre, on trouvera qui a fait ça. Un dragon rouge est passé me voir tout à l’heure pour me poser des questions. Il a l’air compétent, à telle point que je le déteste.
Je mis alors ma main sur épaule, en espérant que cela pouvait la réconforter.
Sans compter sur le fait que je vais demander à mes hommes d’enquêter et de surveiller le gardien. J’hésite encore sur le fait de le laisser faire ou de le perturber dans son enquête, pour qu’on ait le temps de trouver le coupable avant lui.
Ma mains pris la sienne, dans l’espoir de la rassurer un peu plus.
En attendant, je peux aller rassurer tes filles. Tu es fatigué, mieux vaut que tu ailles te reposer. Je vais m’adresser à elle, en leur affirmant que mes hommes les protègent, et que si quiconque osent leur faire du mal, alors ils seront punis au centuple. Et que le responsable de cette disparation sera retrouvé, et n’aura plus jamais l’occasion de recommencer.
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Xiao Mei & Kei
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La main de Xiao Mei rejoint celle de Kei sur son épaule et la serre mais elle n’ose pas lever les yeux vers lui. La mention du Dragon Rouge l’a fait tilter. Ce ne serait peut-être qu’une coïncidence mais si c’était ce même Dragon qui, des années plutôt, l’avait sauvée d’une tentative de meurtre, ils ne tarderaient pas à avoir des ennuis. Son visage se tend légèrement tandis qu’elle réfléchit. Il n’a plus jamais tenté de la recontacter. Elle avait tout fait, à l’époque, pour lui faire croire qu’elle n’était qu’une prostituée et l’avait éloignée de leur QG le plus possible mais à l’heure actuelle, elle ne sait pas où il en est de ses investigations. Peut-être a-t-il réussi à se rapprocher d’elles. Tant qu’il croit ne pas connaître le visage de la Mère, c’est tout ce qui compte. Elle pourra encore les protéger en restant dans l’ombre, ses filles. Elle hausse un sourcil dubitatif. Ce Dragon Rouge est tellement compétent qu’il le déteste ? C’est rare, venant de Kei, d’être aussi ouvert sur ce genre de sentiment. Pourquoi détester un homme assez compétent pour retrouver la petite ? Serait-ce de la jalousie ? Même si dans son regard, il est clair que Xiao Mei n’en pense pas moins, elle a appris depuis bien longtemps à taire ses pensées.

Laisse-le faire. Sa voix est devenue tout d’un coup plus cassante. Bien que leurs doigts s’entrelacent, elle ne le regarde pas, fixant insensiblement le mur en face d’elle. Elle est morte à l’heure qu’il est. Elle ne sait pas exactement comment elle en est si sûre mais quelque chose en elle le lui dit. Des années auparavant, quand son défunt mari était encore à la tête de cette Maison, elle se rappelle encore de la disparition d’une des filles. A l’époque, cela ne l’intéressait pas assez pour qu’elle y prête une réelle attention mais elle se souvient comment la fille a été retrouvée. Eventrée sur la rive du fleuve. Elle se rappelle également d’avoir été sur les lieux du crime avec son mari, de son regard froid quand il avait vu la fille alors qu’elle retenait des haut-le-coeur. A présent, ce genre de vision ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Sans s’en rendre compte, elle s’est mise à serrer la main de Kei fort entre les siennes.

Non, Kei… Elles ne savent pas. Elles ne doivent pas savoir. Je vais venir avec toi. On trouvera bien quelque chose à leur dire… Un long silence les entoure pendant qu’elle réfléchit. On leur dira qu’elle était enceinte et qu’à cause de complications, un de tes hommes a dû l’emmener à… A Shanghai. Ou à Pékin. Je m’en fous. Je ne suis même pas sûre qu’elles soient assez connes pour croire à quelque chose comme ça. Mais on ne peut pas leur dire qu’elle a disparu. Elles vont paniquer, ça ne ferait qu’empirer les choses. Alors, Xiao Mei lève des yeux implorant vers Kei. Pitié, marche avec moi. Ne me laisse pas tomber. Tu ne l’as jamais fait, alors ne commence pas aujourd’hui.


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Kitsune et Xiao Mei

Je scrutais le moindre des traits du visage du Xiao Mei et le moindre de ses gestes. Mais, cette fois-ci ce n’était pas pour la contempler ; mais avant tout pour observer ses réactions, pour savoir comment elle allait ou du moins jusqu’à quel point elle allait mal.
Et, sa réaction me surpris quand je fis mention du dragon rouge. Elle me sembla encore plus inquiète. Mais, je ne comprenais pas sa réaction, elle devait se douter qu’une enquête allait être ouverte. Peut-être était-ce la rapidité avec laquelle le dragon rouge s’était saisi de l’affaire qui l’avait inquiété. Ou peut-être qu’elle avait eu une histoire avec un dragon rouge, et que le fait d’en parler le lui avait rappelé. Il faudra que j’enquête un peu plus là-dessus, savoir à quel point le gardien qui était venu me voir connaît personnellement ma chère Xiao Mei. Pour le dragon rouge, je vais t’écouter, et le laisser tranquille. Je ne le surveillerais que de loin. Il est du genre à ne pas s’arrêter à une enquête. Il est un peu trop fouineur, même pour un dragon rouge. Et surtout, il y a dans ces yeux une lueur de haine que je n’aime pas beaucoup. Un jour, il faudra certainement l’éliminer.

Après lui avoir dit cela, ses mains serrèrent la mienne avec tellement de force qu’elle était sur le point de se briser. Il s’était certainement passé quelque chose entre un dragon rouge et Xiao Mei. Quant à ma main, peut m’importait, si cela pouvait lui permettre de moins s’inquiéter, alors je serais prêt à lui laisser briser mon corps entier.

Xiao Mei m’expliqua ensuite ce qu’elle envisageait de dire aux filles. Puis, elle garda la tête baissée un long moment. Quand elle leva enfin les yeux vers moi, je vis alors son regard empli de désespoir. Mon sang ne fit qu’un tour à cette vision. J’étais partagé entre l’idée de descendre en ville pour tout retourner afin de trouver le coupable ; et de rester auprès d’elle pour la réconforter. Bien entendu, j’allais rester auprès d’elle. C’était en ce moment qu’elle avait le plus besoin de moi. Et après tout, n’étais-je pas son meilleur ami ?
J’ai peut-être une idée pour accréditer ce que tu vas dire aux filles. On pourrait peut-être leur dire qu’elle est partie au Japon avec mon frère, pour se faire opérer suite à des complications. Et que l’enfant à venir est le sien. Peut-être qu’elles y croiront, après tout, mon frère fréquente beaucoup tes filles, et si l’une d’elles venaient  à tomber enceinte, il en assumerait les conséquences, quoi qu’il arrive.
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Arrête-toi, cesse de fuir, il n'y a pas que le passé et ses fantômes
Xiao Mei & Kei
Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer.
Leurs mains, l’une dans l’autre, semblent la fasciner. Elle fixe leurs doigts entrelacés comme s’ils allaient pouvoir lui apporter une quelconque réponse sur la suite des évènements à venir. Son regard dans le vague, les yeux tristes et las. Pourtant, elle entend parfaitement son ami et l’idée ne lui plait pas. Contrairement à son mari, elle ne cherche pas les ennuis avec les autorités. Elle aspire simplement à s’occuper tranquillement de ses filles, gagner son argent et les aider à vivre une meilleure vie. Bien sûr qu’elle préfèrerait nettement partir de cette ville maudite mais si elle part, qui s’occupera des filles ? Un autre tyran, sans doute. Alors elle reste et elle les protège. Même quand les protéger inclus devoir éloigner les autorités et s’occuper d’un possible tueur elle-même, quitte à ce qu’il y ait d’autres victimes avant qu’elle puisse le trouver. Tu vas te mettre les autorités à dos. Laisse-le enquêter. Il ne trouvera rien. L’enquête des gardiens est le dernier de nos soucis, à l’heure actuelle. Elle est froide, en extérieur, mais Kei sait très bien passer outre son comportement pour voir la jeune femme perdue qui ne souhaite qu’une chose, vivre une vie tranquille et exempte de soucis.

Son idée a quand même réussi à la faire sourire et la détendre. Elle lâche un soupire provenant du plus profond de son âme et porte les mains de Kei à son visage afin de délicatement poser son front contre ses doigts. N’accable pas ton frère. Il lui arrache un petit rire et la jeune femme lui lance un regard complice. Ton frère n’est pas au Japon, en l’occurence. Il est bel et bien ici. Comment justifier sa présence si une de mes filles le croise ici ? Il vaut mieux rester vague. Leur dire que c’est un de tes hommes. Sans préciser. Elles y croiront car elles ont confiance en nous. Si on leur parle de ton frère et qu’elles le croisent, même par hasard, c’est terminé. Lentement, leurs mains se séparent et celles de Xiao Mei se saisissent de la tasse de thé initialement destinée à Rei pour la faire glisser vers lui. Puis, elle enroule ses doigts autour de la sienne et la porte à ses lèvres peintes de rouge. Celles-ci laissent une trace sur le bord de la tasse en porcelaine blanche. Pendant un instant, les yeux de la Mère sont perdus dans le vide. A-t-elle bien fait d’appeler son meilleur ami à la rescousse ? Elle ne souhaite pas le mettre plus dans l’embarras.

C’est étrange qu’un Dragon Rouge soit venu le voir si tôt. Ce qui ne l’étonne pas, c’est l’identité dudit Dragon Rouge qui, même si elle ne la surprend pas, impose une ombre menaçante sur toute leur entreprise. Kei a raison sur le fait que cet homme est dangereux, mais ils ne peuvent pas s’en débarrasser car toute l’affaire deviendrait beaucoup trop louche aux yeux des autorités. Elle n’a pas besoin de plus d’ennui. Lorsqu’elle repose enfin sa tasse, elle se sent apaisée grâce à la chaleur qui se dégage du doux liquide. Dis, Kei… Elle n’ose pas le regarder. Quoi qu’il advienne, tu seras toujours là, n’est-ce pas ?


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Arrête-toi, cesse de fuir, il n’y a pas que le passé et ses fantômes.
Kitsune et Xiao Mei

Xiao Mei fixait nos mains entrelacées, le regard dans le vide, empli d’une lassitude extrême. Je ne savais plus quoi faire pour la réconforter. J’aurais adoré la prendre dans mes bras, mais elle aurait sans doute deviné à ce moment mes sentiments pour elle. Et, la perde était la dernière chose que je souhaitai. Mieux valait être son ami que de ne plus pouvoir la voir et lui parler.

Quand Xiao Mei me réitéra sa recommandation vis-à-vis du dragon rouge, je me crispai légèrement. Elle m’avait parlé sur un ton glacial. Je savais que c’était une manière pour elle de ne pas montrer ses sentiments, surtout quand elle avait l’impression de ne pas contrôler la situation. Mais, peut-être avait été trop insistant par rapport au dragon rouge. Quoi qu’il en soit, je hochai la tête en signe d’affirmation.Très bien, comme tu voudras, je vais suivre tes recommandations et le laisser faire comme bon lui semble. Puis, après lui avoir expliqué mon plan impliquant mon frère, un sourire s’esquissa sur ses lèvres et mon corps se détendit. Elle mit son front sur mes mains et à mon tour j’esquissai un sourire. A ses côtés, j’avais l’impression que le monde extérieure n’existait plus. A ses côtés, j’avais l’impression que les problèmes s’étaient envolés pour toujours. A ses côtés, j’avais l’impression de redevenir un enfant. A ses côtés, j’avais envie de rire comme seuls les enfants savent le faire. C’était sans doute pour cela que j’aimais tant être avec elle.

Xiao Mei soupira et leva ses yeux vers moi. Son regard était de nouveau plein de vie. Elle était redevenue la Xiao Mei que je connaissais. Tout en gardant sa gentillesse habituelle, elle me dit que mon plan avait un énorme défaut, le fait que mon frère n’était pas au Japon. Je gardai le silence, avec le sourire au coin de mes lèvres. Xiao Mei lâcha mes mains et me servit une tasse de thé. Elle but dans la sienne et de nouveau son regard se perdit dans le vide. Mon sourire s’effaça. Quand elle avait ce regard, c’était qu’elle se faisait beaucoup de soucis, et je n’aimais pas tellement cela. Puis, elle posa sa tasse de thé, et sans me regarder, elle me posa la question la plus absurde que j’ai jamais entendu.Je ne sais pas si c’est un compliment, mais pour moi, tu es comme une drogue. Une drogue douce, je te rassure, celle qui te fait sourire, celle qui te fait rigoler, celle qui te rend la vie plus supportable. Et, au risque de t’effrayer, je n’ai pour l’instant pas trouvé de substitut pour te remplacer. Donc, tu n’es pas près de te débarrasser de moi. Je baissai la tête, ayant peur de sa réaction. Sans attendre, je changeai donc rapidement de sujet. Quant à mon frère, il se trouve bel et bien au Japon, depuis hier soir. Il doit assister à l’enterrement de notre père, et en même temps s’occuper de l’héritage et placer notre mère dans une maison de retraite. Enfin bref, je ne sais pas exactement quand est-ce que la jeune fille a disparu, mais cela pourrait être éventuellement correspondre.
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Xiao Mei & Kei
Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer.
Peu de gens le savent et une partie encore plus infime pourrait le croire mais Kei est une bonne patte. En tout cas avec Xiao Mei. Elle aurait beau le martyriser, lui parler comme à un chien — même sans y faire attention, comme ce qu’il s’est passé — et lui faire toutes les misères du monde, pour une raison qui lui échappe, il sera toujours là. Elle qui pensait que toute amitié avait ses limites, elle était tombée sur le seul homme pour qui, visiblement, elle n’en avait pas. Ses mots, après la question posée par Xiao Mei, confirmaient ses actes depuis des années. Au fond, bien que flattée par ses paroles, ça l’effraie un peu, la petite Xiao Mei. Elle n’a pas l’habitude d’être aimée de manière si inconditionnelle et pure. Il la compare à de la drogue et la fait hausser un sourcil. Faussement surprise. Ça lui va bien de la comparer à de la drogue, lui qui dirige d’une main de fer le cartel de la mafia. Je ne… Mais comme un enfant qui vient d’avouer son amour à son amoureuse, il détourne rapidement le sujet et ne lui laisse même pas le temps de répondre. Cela ne la choque pas vraiment de penser à un enfant et à son amoureuse. Pourtant, cela devrait. Pour n’importe quelle autre personne externe à leur univers, ils seraient un couple se tenant main dans la main et se chuchotant des mots doux. Il en est tout autre. Lâchant un long soupire, la Mère se lève et marche lentement vers sa fenêtre d’où elle a une vue imprenable sur les cerisiers déjà en fleur.

Les mots la frappent au ralenti. L’enterrement de leur père. Leur mère dans une maison de retraite. Elle se retourne vers son ami et le dévisage sans un mot pendant de longues secondes. Son regard le questionne. Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ? Pourquoi n’as-tu même pas l’air attristé ? C’est quand même ton père. Et ta mère ? Tu vas vraiment lui faire ça ?

Pour la jeune femme qui donnerait n’importe quoi pour pouvoir retourner chez elle, la décision de Kei de placer sa mère en maison de retraite la bouleverse. Elle qui aimerait tant avoir son petit papa auprès d’elle. Kei, ta pauvre mère… Pourquoi tu ne la fais pas venir ici ? Tu pourrais lui prendre un joli petit appartement et la laisser se reposer ici. Tu sais comment ils traitent les gens en maison de retraite… Elle serait même prête à s’occuper de cette femme elle-même s’il acceptait de revenir sur sa décision. Je suis sûre qu’elle serait beaucoup plus heureuse auprès de ses fils que loin de vous dans une maison de retraite. 

Elle se retourne vers lui avec un sourire taquin dont il sait qu’il doit se méfier car il signifie toujours qu’elle a quelque chose en tête et n’en démordra pas. Je n’accepterai d’utiliser ton frère comme excuse que si tu fais venir ta mère ici. On ne laisse pas nos parents en maison de retraite alors que ce sont eux qui nous ont élevé et appris la vie.


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Kitsune et Xiao Mei

Mon sang se glaça quand Xiao Mei se leva, pour s’éloigner de moi. Je n’aurais sans doute pas dû lui dire tout ce que je venais de lui déclarer. Mais après tout, qu’avais-je encore à perdre.

Elle resta un moment silencieuse, tout en me dévisageant. Une personne extérieure se serait sans doute dit qu’elle cherchait un moyen de me repousser gentiment. Mais, je savais que ce n’était pas du tout ce à quoi elle pensait. A vrai dire, elle ne devait certainement plus tout penser à ce que je venais de lui dire.

Xiao Mei devait repenser à ce que je venais de lui annoncer, par rapport à mon père et à ma mère. Je me doutais qu’elle allait vouloir me faire changer d’avis, surtout par rapport à sa propre relation avec ses parents.

Mais dans ce cas-là, il était hors de question que je l’écoute. Mon frère avait des ordres précis, qui à vrai dire ne concernaient pas uniquement nos parents, mais aussi ma succession.

Je laissai finir Xiao Mei, sans l’interrompre. Puis, quand elle termina, je la fixai un instant. Elle avait son sourire. Ce fameux sourire devant lequel je ne pouvais résister. Et, elle le savait. Mais je me fis violence pour garder un visage le plus impassible qu’il soit. Ce que j’allais lui dire allait peut-être lui paraître cru, mais je n’avais pas le choix. Bien, dans ce cas, ne te sers pas de mon frère comme excuse. Je voulais juste t’aider, mais si tu as une meilleure idée, alors vas-y. En ce qui concerne ma mère, elle restera au Japon. Je suis persuadé qu’elle préfère mourir en terre japonaise plutôt qu’en terre étrangère.Je marquai une légère pause, pour reprendre ma respiration. Si elle venait dans cette ville, certaines personnes pourraient se servir d’elle pour m’atteindre. Et puis, je ne veux pas que ma mère sache ce que font ses fils pour lui payer une fin de vie la plus douce possible. Je marquai de nouveau une pause, un peu plus longue cette fois. Sans parler du fait que cette ville est un endroit tout aussi clos qu’une maison de retraite. Dans les deux cas, la seule chose qui nous fait sortir définitivement, c’est la mort. Après ces mots, je ne la regardai pas. Je ne voulais pas voir sa réaction. Je ne voulais pas voir si elle était choquée, déçue ou en colère. Je me levai donc immédiatement. Puis, je m’inclinai devant elle. Merci de m’avoir reçu. Je suis désolé de ne pas t’avoir apporté l’aide que tu espérais. Je me redressai, avec mes yeux fixant le sol. Et, je me retournai en direction de la porte. Il est temps que je m’en aille. Au revoir. J’ouvris la porte et franchis le seuil.
 
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