L'année 1976 fut désastreuse pour Xian. La guerre défigura ses nombreuses bâtisses, la transformant en de vulgaires ruines. Fort heureusement, on entreprit de la reconstruire tout en conservant cet aspect traditionnel. Ainsi, s'apparente-t-elle au jardin Yuyuan, à Shanghai : de belles plantes odorantes s'épanouissent en fabuleux bouquets et ses illuminations soulignent une architecture grandiose. Mais il est une merveilleuse fleur se déployant en son sein. D'un rouge insolent, ses luminescences chatoyantes caressent une étendue d'eau. Le son des tambours et l'odeur du bois confèrent une aura à la fois chaleureuse et fastueuse... on l'appelle le "Lotus rouge". Ce somptueux édifice appartenait autrefois à la royauté en tant que palais. Néanmoins, il fut reconverti en hôtel il y a de cela dix ans par le nouveau président Yao Ping. En effet, ce dernier était désireux d'attirer une clientèle de tout horizon. Depuis lors, le Lotus rouge concentre diverses activités commerciales et politiques, favorisant par là même le tourisme. (poursuivre la lecture)

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Je ne prie plus assez… C’est la pensée qui effleure l’esprit de Xiao Mei alors qu’elle monte en silence les marches qui permettent d’accéder au temple. C’est qu’il y en a, des marches. S’il n’en tenait qu’à elle, elle dirait qu’il y en a mille. Le temple des milles marches. Ce serait un beau nom pour ce magnifique temple. Elle a pourtant construit son propre petit autel bouddhiste chez elle. De style tibétain, il lui a fallu des mois pour le constituer car trouver les artefacts a été plutôt compliqué. Mais même chez elle, elle ne prie pas. Elle n’a ni le temps, ni le courage. Depuis son arrivée à Xian, elle a presque complètement abandonné les traditions tibétaines. Elle n’en a même plus l’accent. Tandis qu’elle jouait pensivement avec les billes du mala passé autour de son cou, elle s’interrompt immédiatement à l’instant même où son pied atteint la dernière marche menant au temple. Vêtue de sa tenue traditionnelle tibétaine, elle dénote pour le moins avec les autres personnes venues prier pour l’arrivée du Nouvel An. Sous un chuba blanc en peau de mouton pour la garder du froid, elle a revêtu une robe d’un rouge éclatant aux bords larges dorés, sous un tablier noir noué autour de la taille. Quant à ses bottes, elle les a restaurées pour l’occasion. Ses cheveux raides blonds dénotent et tombent sur ses épaules.

Elle se déchausse dans l’entrée et pose ses pieds blancs comme neige sur le parquet du grand temple. Sans un bruit, pas même le cliquetis des graines de son mala, elle se dirige vers la grande salle de prière et s’empare d’un coussin carré qu’elle pose à terre, s’agenouillant à côté d’une autre personne. Une femme, en l’occurence, qu’elle ne reconnait pas car elle ne lui prête pas la moindre attention. Pourtant, si c’était le cas, elle lèverait les yeux au ciel et lâcherait un râle d’énervement. Mais pas au temple. Retirant son mala du coup, elle l’enroule autour de sa main gauche et pose le pouce sur la perle du gourou. La sienne est faite en os, tandis que le reste du mala est fait de perles rouges. Ses yeux se ferment et pendant un long moment, elle vide son esprit, tentant par tous les moyens de se souvenirs de la prière de purification qui l’a si souvent apaisée. Les mots lui viennent d’eux-mêmes en tibétain. A sa plus grande surprise, elle s’en souvient comme si c’était hier. Ses lèvres bougent mais aucun son ne s’en échappe. Le manta de purification est long. Le mantra aux cents syllabes, est-il autrement appelé, mais c’est celui qui a toujours permis à la jeune femme de se libérer.
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La douceur du thé au bout des lèvres. Un teint neutre. La douce Xue Fang s'est présentée de bonne heure au temple pour prier. Sa foi a toujours été grande, c'est cela qui lui a permis d'aller de l'avant... Mais les visites dans les lieux saints sont de plus en plus difficiles, c'est pourquoi elle s'est tout de même autorisée un détour aujourd'hui pour faire ses offrandes devant l'autel.
Elle n'est pas particulièrement habillée, mais elle porte une tenue traditionnelle noire cachée sous ce manteau long de la même couleur. Il faut dire que la sobriété est un mot d'ordre pour cette femme de Xian si mystérieuse. Son habituelle ombre ne l'a pas accompagnée - Xue Fang ne voulait pas qu'on les remarque en ce lieu sacré... Alors leurs chemins se sont séparés à l'entrée, pas sans peine. Cette présence était devenue une habitude à laquelle elle devenait de plus en plus dépendante. Tenir le rôle de l'étoile filante ne l'aidait pas non plus à améliorer ce manque de confiance global envers la population locale... Alors le chemin jusqu'à la salle de prière fût presque interminable et étouffant pour elle, malgré le fait que pas un seul regard n'osa se poser sur elle.

A genoux dans la salle désormais, mains sur les cuisses, yeux clos, Xue Fang médite. Les dieux ont été généreux, mais doit-elle l'être également ? Tellement de questions auxquelles elle ne souhaite pas réellement trouver de réponses pour être honnête. Le silence apaisant la berce dans ses souvenirs, son souffle se calme au fil des minutes... Ou des heures ? Elle n'entend même pas le mouvement dans la salle, les gens qui va et viennent. Rien ne peut la sortir de ses songes, outre ce parfum qu'elle aurait pu apprécier si elle ne le connaissait pas que trop bien. Un hasard, songe t-elle. Sa concentration flanche, faibli et s'évanouie dans la fumée de l’encens qu'elle avait rallumé quelques minutes précédents l'arrivée de La Mère. Ses yeux bridés s'ouvrent lentement, sans pour autant se détourner vers cette femme. Xue Fang n'a pas besoin de la regarder pour deviner que c'est bien elle. En portant l'oreille, elle entendrait presque le souffle empoisonné de cette sorcière.  Comment peut-elle oser venir ici ? Souiller ces lieux sacrés avec la pourriture de son être ?

Xue Fang arque un sourcil et plisse les lèvres. D'une voix douce et pourtant particulièrement sévère, elle brise ce silence. Vous n'avez décidément honte de rien. Venir prier ne vous lavera pas de tous vos pêchés. Et sans un mot de plus, ses yeux se referment.
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Les mots résonnent en elle comme la comptine qu’une mère chanterait le soir à son enfant pour l’endormir. Elle n’a jamais connu ces moments de bonheur, alors dès son plus jeune âge, ce mantra a été pour elle comme une comptine servant à l’apaiser. Je ne suis pas si horrible que ça. Je fais de mon mieux. Je préfèrerais milles fois être mariée à mon cousin et élever des yaks mais à présent, je dois être là pour ces enfants. Ils ont besoin de moi car qui sait sur qui la prochaine génération tombera si je ne suis plus là. Son pouce glisse sur la troisième graine de son mala. Elle entend quelqu’un bouger à côté d’elle mais ses yeux ne s’ouvrent pas pour autant. Elle reste concentrer sur sa paix intérieure et sur le mantra et ses sonorités qui, même récitées en silence, l’apaisent. Om benza sato samaya manou pala- Elle ne saura donc jamais se taire, cette harpie. Toute sa concentration et son calme s’envole. Pourtant, elle ne cille même pas et n’ouvre pas les yeux. Interrompue dans sa méditation, elle est furieuse mais lorsque sa voix franchit la barrière de ses lèvres, elle n’est qu’un murmure pas assez puissant pour déranger la sacralité du lieu. Vous osez prononcer de telles paroles dans un lieu saint… Je ne fais rien de mal en venant prier et ne suis pas ici pour une énième et vaine dispute avec vous. Laissez-moi en paix.

Ses mots résonnent comme une simple demande avec un arrière-goût d’ordre. S’il y a bien une chose que Mei ne peut pas supporter, c’est qu’on la dérange pendant sa prière. C’est une offense bien plus grave, selon elle, vis-à-vis des dieux. Ne pas respecter un lieu saint, se montrer agressive. Lorsque Mei ouvre enfin les yeux, elle croise le regard d’une de ses filles, qu’elle n’avait pas remarqué avant. Celle-ci est assise face à la Mère, à plusieurs mètres. Les deux femmes se sourient paisiblement et si la plus jeune referme les yeux, la Mère tourne lentement le regard vers celle qui a osé interrompre ses prières et qui paiera pour son crime. Plus tard, pense-t-elle. L’heure n’est pas à la vengeance. Nous sommes ici pour nous recueillir, Guo Xue Fang, non pour nous disputer inutilement. Soyez à votre devoir, je vous prie. Sa voix est un peu plus sévère mais tout aussi basse tandis qu’elle referme les yeux et tente de se reconcentrer sur sa prière. Si cette vipère continue de l’interrompre, elle n’est pas prête de finir ses prières, se dit-elle avec une résignation désespérée qui lui échappe dans un long soupire.
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Un combat silencieux qui s'instaure. Xue Fang n'est pas le genre de personne à venir chercher les poux, mais il faut dire que la présence de Mei ne l'enchante vraiment pas. Par ses principes, sa simple venue ici est un blasphème. Il était difficile pour l'étoile filante de comprendre comment une femme comme La Mère pouvait oser venir se recueillir dans un lieu saint malgré toutes les horreurs qu'elle pouvait faire subir à ses filles (et garçons ? La prostitution ne touchait peut-être pas que les femmes dans son business?) et ses clients. A votre place, j'aurais honte. Ce n'est qu'un murmure, doux, pensif, ou sa simple réflexion lui avait échappé. Xue Fang n'attendait pas de réponses, ni même de justifications. Elle donne son avis, sur la situation, son simple point de vue... Et Xiao Mei n'a pas le choix que de l’accepter car ici n'est pas le lieux de débattre ni même d'échanger au sujet de leurs affaires respectives... Et surtout... Surtout... L'étoile filante se permettait ce genre de commentaire quand l'occasion se présentait : elle était la deuxième puissant de Xian. Personne ne pouvait lui tenir tête - ou presque.

Mais malgré tout, la douce est agréablement surprise de voir La Mère si respectueuse des lieux sacré. Ce sourire qui habille ses lèvres avec ces yeux clos en dit long. Elle n'est pas moqueuse, au contraire, on pourrait la croire charmée par la situation. Sa pensée s’apaise, et voilà qu'elle n'est plus offusquée par la présence de cette femme de l'ombre. Cela dit... De nouveau, elle parle à voix basse, mais cette fois, ses paupières laissent entrevoir ses pupilles noires. Cela nous fait un point commun. Son visage pivote, gratifiant ainsi La Mère d'un sourire bienveillant. L'heure n'est pas à la guerre. Pas encore.
 
[EVENT] Prières du Nouvel An
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